Par Elisabeth & François

Montpellier


Nous sommes le 26 Mars, ce matin François a accompagné Marc déposer chez Emmaüs canapé, frigo, chaises ... La maison semble vide et une grande partie des cartons est déjà prête. Les déménageurs arrivent le 3 Avril, il nous reste quelques jours pour un périple en roulotte. Montpellier : bonne idée ! Ce n'est pas loin, et nous connaissons très mal cette ville.. Banco !

N'empruntant pas l'autoroute, nous passons entre l'Etang de l'Or et la mer. Il y a un vent à décorner les... taureaux de Camargue, plumer les flamants roses et même ébouriffer les chauves occitans. Cette vue sur l'étang est, encore une fois, superbe. Les eaux sont brunes - sûrement à cause des pluies récentes et abondantes - et secouées de vagues serrées. Nous arrivons à Juvignac, au château de Fourques, accueillis par un vigneron (en T-shirt, alors que nous ne voyons que des gens portant anorak) souriant et passionné. Installés dans les vignes, nous passons une soirée et une nuit paisibles.

Aujourd'hui direction Montpellier, mais une question se pose : vélo, ou pas vélo ??? Car, il faut bien le dire, le vent n'a pas faibli !

C'est décidé : vélo. Et c'est le bon choix. Nous sommes en fait tout près de la ville et en suivant les pistes cyclables nous arrivons sans peine à l'office de tourisme. Renseignements pris, nous suivrons 2 visites guidées - hélas celle de la faculté de médecine est complète - les hôtels particuliers et les monuments du centre ville. Et aujourd'hui découverte de la ville. Il faut d'abord se garer, et, en observant la place, nous nous doutons que la solution n'est pas "un antivol autour d'un poteau", donc direction le parking souterrain.

Entre Juvignac et Montpelier, une demi-heure de route à vélo...

Nos hôtes France Passion nous accordent plusieurs nuitées en bordure de leurs vignes, afin de visiter l'Ecusson et  Antigone.

Antigone

Nous traversons le centre commercial Polygone, occasion de trouver de bons sandwichs et nous nous dirigeons vers le quartier Antigone. Construit dans les années 80, il est inspiré des formes architecturales de la Grèce antique. Grandes places très minérales, le lieu est plutôt désert lorsque nous l'arpentons. 

L'esplanade de l'Europe

Nous arrivons devant l'hôtel de région, bel immeuble reflétant le ciel bleu. Le Lez, qui traverse Montpellier, est ici canalisé et régulé de manière à produire un joli bassin. Toutefois les passerelles sont submersibles et les berges élargies... Eh oui, les orages cévenols peuvent provoquer des crues soudaines et violentes.

L'Hôtel de région, miroitant, est séparé de l'Esplanade de l'Europe par le Lez

L'arbre blanc, architectes : Sou Fujimoto et Nicolas Lainé.

Haut de 56 mètres, il comporte 17 étages et 193 balcons. Elu, en 2020, (par 95000 visiteurs) plus beau bâtiment au monde dans la catégorie Immeuble de Logements.

Observe sur le pilier les repères de crues mémorables

En suivant le Lez -sur une promenade assez quelconque- nous rejoignons la Place de la Comédie. C'est le cœur de la vie montpellieraine, et, une fois n'est pas coutume, nous faisons "une terrasse" en regardant les gens passer. Petite pause bienvenue avant de regagner nos vélos.

C'est depuis 1985 que cette place est devenue piétonne, avant cette date, les routes, dont la nationale 113 la traversaient.

Le palais de justice, en pierre blanche, éblouissant !

Au Monopoly de Montpellier, la rue Foch est sûrement bleu foncé. Bordée de massifs et de boutiques chics, elle débouche sur l'Arc de Triomphe et la Place Royale du Peyrou. Cette place est dominée par une statue équestre de Louis XIV, la construction au bout du parc n'est pas un kiosque : c'est un château d'eau, conçu au XVIIIème qui prolonge l'aqueduc des Arceaux. 

L'aqueduc Saint Clément, communément appelé Aqueduc des Arceaux a été construit entre 1753 et 1765 pour alimenter Montpellier en eau. plusieurs fois modifié afin d'augmenter son débit, il est désaffecté depuis 1983.

Cette première approche de Montpellier nous met en appétit. A flâner dans le centre ville, on imagine qu'il y a beaucoup à découvrir !

Les hôtels particuliers, des trésors d'architecture

Qu'est ce qu'un hôtel particulier ?

C'est une demeure luxueuse, habitée par une seule famille (et ses domestiques). On accède à la cour en passant sous un porche, un escalier monumental conduit aux étages. Il y a près de 90 hôtels particuliers à Montpellier.

Après les guerres de religion, Montpellier se reconstruit grâce à son statut de capitale du Languedoc. La ville s'enrichit et l'hostal médiéval est réorganisé. Les premiers hôtels particuliers apparaissent. Les architectes doivent concevoir ces riches demeures avec l'existant, souvent d'époque médiévale. Si bien que l'on trouve, derrière des façades quelconques, de véritables bijoux d'architecture.

Nous entrerons dans 5 cours d'hôtels particuliers soigneusement choisis par notre guide, qui, en bonne pédagogue, nous a avertis que nous devrions, à la fin de la visite, lui dire lequel nous aura séduits. Ce petit exercice favorise la mémorisation.

Une bouteroue (appelée aussi chasse-roue ou chasse-moyeux) avait pour rôle de "chasser" les roues de charrettes, calèches ou autres diligences afin de protéger les murs.

Un mascaron est un ornement représentant généralement un masque, une figure humaine, parfois effrayante. Sa fonction originale était d'éloigner les mauvais esprits afin qu'ils n'entrent pas dans la demeure.

Ce mascaron représente Hercule, dieu romain symbole de force, ici revêtu de la fourrure du lion qu'il a vaincu. Sa particularité est qu'il est sculpté "en biais" de façon a être tourné vers les visiteurs. La rue qui conduit à cet hôtel particulier étant étroite, les hôtes n'arrivent pas perpendiculairement au porche.

Une agrafe en architecture, est une pierre sculptée placée au sommet d'un arc

Ici, des vitraux et des plafonds peints. C'est le seul escalier coloré que nous verrons.

Le centre historique

La ville de Montpellier est récente, pas de vestiges romains comme ses voisines Nîmes, Béziers, Narbonne. Elle apparaît pour la première fois en 985.

Grâce à sa situation géographique idéale, aux portes de l'Espagne et proche de l'Italie, son économie se développe rapidement. Elle attire orfèvres, drapiers, changeurs, doreurs... et devient un centre d'échanges commerciaux et culturels. Les pèlerins de Saint-Jacques-de-Compostelle font étape à Notre Dame des Tables et leur affluence favorise la création d'institutions hospitalières et charitables.

Mais, ce qui rend Montpellier unique, c'est sa faculté de médecine, la plus ancienne au monde !!! 

Avec notre guide, nous cheminons entre ruelles et placettes, observant et écoutant ses explications, assez confuses. Pour tout avouer,  cette charmante dame nous a rappelé Tante violette, donc, de cet agréable moment en sa plaisante compagnie, nous avons retenu... pas grand chose.

La Tour de la Babote est un vestige des anciennes fortifications du XIIème siècle entourant l'écusson de Montpellier (la commune clôture).

Nous ne connaissions pas l'existence des mikvés. Ce bain, nécessaire au rituel juif est parfaitement conservé.

L'angle de la route était coupé afin de permettre aux charrettes de passer...

La rue Foch, vue du haut de l'arc de triomphe

Grande fresque en trompe l'œil devant la gare sncf. 

Nous quittons le château de Fourques et ses vignobles sous un vent glacial. Aujourd'hui encore nous constatons que le métier de vigneron est rude : passer une journée complète, courbé sur la vigne pour la tailler, doit être éreintant. Notre hôte nous a assuré ne pas s'en lasser, et préférer mille fois cette vie à celle d'ergothérapeute qu'il menait précédemment. Eh oui, surprenante reconversion !!

En suivant la vallée de l'Hérault, nous arrivons à Saint Guilhem le désert. Lors de notre première escapade, nous nous étions promis de revenir avec les vélos. C'est chose faite, mais... nous n'avons pas décroché les vélos, et depuis le parking au bord de l'eau, nous nous sommes rendus au village à pied.

Cela nous a permis d'admirer le paysage, de constater que les crues doivent être impressionnantes, et que Saint Guilhem est au bout du monde.

Ces tas de branches ont été déposés par l'Hérault lors de crues récentes.

Saint Guilhem

Ayant traversé le village, nous voici au creux d'une vallée. C'est ici que cheminent les pèlerins de Compostelle. Levant les yeux, nous devinons des ruines au sommet de la paroi rocheuse. Avec ses hautes et impressionnantes murailles, le château a de tout temps nourri l’imaginaire populaire qui a fait naître ici une fameuse légende, celle d’un géant, d’une pie et d’un soldat devenu moine.

Ainsi, raconte-t-on qu’il y a bien longtemps, habitait au château un terrible géant ayant pour complice une pie. Guilhem, désireux de pacifier le val de Gellone pour y fonder son monastère, mit au point un stratagème pour aller déloger le colosse… Déguisé en servante et armé de sa célèbre épée « Joyeuse », habilement cachée sous sa jupe, Guilhem ne doutait pas de sa victoire. C’était sans compter sur la pie qui le démasquât bien vite ! Fort heureusement, le géant certain de sa supériorité et malgré les avertissements de sa compagne à plumes, ouvrit les portes de sa forteresse pour son plus grand malheur. La pie ayant perdu son protecteur, qui périt ce jour là, précipité au bas de la falaise, s’en allât, on ne sait où. Depuis on ne revit plus jamais de pie au val de Gellone …

Beaucoup de gouttières sont en céramique.

La coquille nous rappelle que nous sommes sur le chemin de Saint-Jacques de Compostelle. 

Présente sur les Causses, dont elle est la plante symbole, la Carline à feuilles d’acanthe (Carlina acanthifolia), également appelée localement Cardabelle, est un chardon aujourd’hui menacé et protégé.

Cette plante, remarquablement adaptée, avec ses épines qui la défendent des moutons, pousse uniquement au ras du sol : on voit alors toute une couronne de feuilles avec au centre un gros capitule jaunâtre et soyeux.

On la retrouve séchée et clouée aux portes des maisons dans certains villages en décoration ou en guise de porte-bonheur. On l’appelait également le baromètre du berger. En effet, quand le cœur de la fleur se referme, elle prédit l’arrivée imminente d’un temps humide. Un signe auquel les bergers, en communion avec la nature, se doivent d’être attentifs car, sur les plateaux des causses, les abris sont rares et être pris dans un orage peut se révéler périlleux. Cette propriété de la plante perdure longtemps après sa mort : une fois la fleur séchée et suspendue à la porte des bergeries, elle gardera cette faculté de mouvement.

Autrefois, on utilisait les feuilles piquantes de la cardabelle pour carder (peigner, démêler) la laine, et son cœur au goût d’artichaut se mangeait.

 

Tout là-haut, les ruines du château !

Afin de redonner au paysage son visage d'autrefois, des oliviers sont plantés entre les faïsses nouvellement reconstruites.

Ce platane est la fierté de Saint-Guilhem, il trône au milieu de la place.

Regarde ce platane, il a complètement recouvert la chaîne qui l'entourait !

Nuit calme au bord de l'Hérault, nous reprenons le chemin de nos pénates. 

En étudiant la route du retour, je me dis qu'une jolie balade entre garrigue et rochers pourrait agréablement clôturer ce périple. 

Sauve

Très belle randonnée au dessus de la Virdoule...

La mer des rochers

Il faut être en forme pour habiter ici !

La Virdoule

Nous avons encore passé un excellent moment. Monuments ou nature, que de beautés ! maintenant nous allons préparer notre départ pour d'autres horizons où tant de nouvelles merveilles nous restent à découvrir...

Une échoppe de Saint Guilhem nous a soufflé notre code wifi

Chiche&Go